Jean-François Bouillé (Maif) : « Nous voudrions accélérer nos productions d’énergie renouvelable »

23 mai 2024
Actualités, Revues de presse

Article publié le 23 avril 2024 dans Republik workplace.

Ayant déjà pensé à optimiser ses consommations d’énergie sur son siège social dès sa construction en 1979, la Maif fait désormais figure de précurseur en matière de performance énergétique. Depuis 2015, l’assureur mutualiste a conçu une stratégie concrète conduite par Jean-François Bouillé et ses équipes. Le directeur immobilier, environnement de travail et moyens généraux de la Maif nous la présente.

A quand remonte l’engagement de la Maif sur la performance énergétique de son immobilier ?

La consommation d’énergie a toujours constitué un sujet dont la mutuelle s’est préoccupée. Pour preuve, dès la construction du siège de la Maif à Niort, une boucle de récupération thermique permettait de capter la chaleur des data centers pour chauffer les bâtiments. Cette initiative a désormais 43 ans, et c’était un procédé assez avant-gardiste à l’époque. Cependant, il est vrai que le sujet de le performance énergétique a très longtemps été un sujet avant tout économique. Depuis 2015, avec la structuration d’une cellule dédiée et le recrutement de Loréline Sorel en tant que responsable Energie & Environnement, c’est devenu une thématique environnementale autant qu’économique.

Quelle méthode a appliqué la Maif pour optimiser son empreinte énergétique ?

La première action a été de structurer un système de management de l’énergie. Avant de se lancer à corps perdu dans l’optimisation de la production d’énergie et des émissions carbone, nous avons pris le parti d’élaborer une stratégie à moyen/long terme. Pour cela, nous sommes passés par le certification ISO 50001, pas tant pour pouvoir afficher un label à notre démarche, mais surtout parce que cette norme oblige à structurer les actions mises en place.

Elle ne fixe pas des objectifs de résultats, mais des obligations de moyens pour améliorer notre performance énergétique. En outre, notre volonté a été de se placer dans une dynamique d’amélioration continue et de ne jamais se contenter des résultats obtenus, mais de remettre à jour nos objectifs chaque année.

Concrètement, quelles sont les actions phares mises en œuvre par la Maif ?

Concernant la consommation, un programme pluriannuel de travaux sur l’ensemble de nos immeubles – isolation, menuiseries, CVC – nous permet de réduire notre impact énergétique. Nous avons aussi agi sur la production d’énergie, avec l’installation de 2 373 panneaux photovoltaïques – soit 4 150 m² – entièrement dédiés à l’autoconsommation et de la géothermie pour 58 000 m² des 83 000 m² du siège de Niort. D’ores et déjà, nos grands immeubles sont certifiés HQE. Concernant les résultats tangibles, notre performance énergétique s’est améliorée de 21 % entre 2015 et 2022.

Comment réussir à s’assurer que l’énergie consommée est vertueuse ?

L’autre volet de notre démarche vis-à-vis du marché consiste à acheter auprès de fournisseurs d’énergie. Aujourd’hui, la Maif a contracté avec deux fournisseurs engagés, l’un ayant le statut d’entreprise à mission (Volterres) et l’autre le statut de SCIC* (Enercoop). Ces derniers ne se « contentent » pas des Garanties d’Origine (GO) telles que les fournissent les acteurs traditionnels du marché. Ils s’attachent à sourcer autant que possible leur énergie directement auprès de producteurs français d’énergie renouvelable et contribuent à faire émerger de nouvelles centrales EnR** en France.

 

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